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Le tremplin olympique
[ouvr, ptdv, spor]
[Vercors > Quatre-Montagnes > Saint-Nizier du Moucherotte]
Entièrement construit en béton pour les Jeux de 68, il est aujourd'hui dans un état de délabrement avancé qui pose problème à la commune. C'est un tremplin de 90 m, qui permettait aux sauteurs de s'élancer en ayant l'impression de sauter sur Grenoble (que l'on voit en bas sur la photo). Le cascadeur Alain Prieur en fit un usage original en s'y lançant en moto pour enregistrer un saut de plus de 84 m, record inégalé dans la catégorie "fondu".
Une particularité historique de ce tremplin : l'un des architectes du projet est Pierre Dalloz, ami de l'écrivain Jean Prévost, de Sassenage. Dalloz et Prévost ont imaginé en 41 le plan Montagnard, qui prévoyait d'utiliser le Vercors comme une citadelle imprenable dans laquelle auraient été constituées des unités, avant de les précipiter sur les troupes allemande : l'idée était celle d'un "cheval de Troie pour troupes aéroportées". Ce plan ne s'est pas déroulé comme prévu pour de nombreuses raisons, techniques et politiques. Le fait est que les groupes de résistants mal équipés ont dû faire face à l'été 44 à une attaque frontale des Allemands alors que seule une tactique de harcèlement était tenable. Le village de Saint-Nizier supporta à ce titre le premier choc, avant de céder sous la pression allemande ; cet événement marque le début de l'invasion de la "république libre du Vercors" ; la nécropole de St-Nizier en témoigne. L'exécution de représailles contre les habitants, jugés complices des résistants, incita l'état major à éviter les combats dans les villages par la suite.
La caravane
[fete, spor]
[Et ailleurs > l'Alpe d'Huez (Tour de France 2004)]
Exceptionnellement, cette page s'écarte des sujets traités habituellement
sur photos-dauphiné. Et puis, le Tour de France visite régulièrement
la région chaque été. Il a donc un peu sa place ici ...
Une journée dans la fournaise de l'Alpe d'Huez.
Le Tour de France à l'Alpe d'Huez est toujours un événement. Les 21 redoutables lacets qui se succèdent de Bourg d'Oisans à l'Alpe sont implacables pour les coureurs victimes de défaillances. La montée à l'Alpe d'Huez est devenue une habitude pour le Tour, qui y jugeait jusqu'alors les arrivées d'étapes des Alpes, au terme de plusieurs grands cols. Le coin est riche en cols célèbres, c'était en quelque sorte la cerise sur le gâteau.
Pour la première fois, Bourg d'Oisans devenait non pas la dernière bourgade traversée avant l'ultime montée, mais le départ d'un inédit contre la montre individuel. A la notoriété du lieu s'ajoutait donc la possibilité de voir les coureurs se défendre un à un contre des rampes de 9%. Il était donc prévu qu'il y aurait beaucoup, beaucoup de monde. Et ce fut effectivement une foule indénombrable qui se pressa le long des 15 kilomètres de ce calvaire.
Nous étions prévenus que l'accès à Bourg d'Oisans serait impossible en voiture le jour même ; par précaution, la N91 était fermée dès Vizille à partir de 6 heures du matin. Restait des navettes depuis Grenoble ou ... le vélo, tout simplement. L'occasion d'allier le spectacle à une petite virée sur des routes fermées. Nous avons donc fait ce dernier choix.
Partis de Grenoble à 7h00 les vélos dans le coffre, nous étions comme prévus bloqués à l'entrée de Vizille à 07h30. On abandonne donc la voiture sur le bas-côté — beaucoup de cyclos avaient manifestement eu la même idée ! Vers 8h00 on embraye donc sur la N91 direction Livet-et-Gavet, puis Rochetaillée. Les pancartes de cols fameux s'égrennent au passage : Glandon et Croix de Fer par la vallée de l'Eau d'Olle, Ornon ... on n'est pas là pour eux aujourd'hui !
Tout au long de la route, c'est une colonne ininterrompue de vélos qui vont de l'avant pour rallier la ville départ de l'épreuve. L'ambiance est très sympa, une ambiance de fête. Seuls les cars organisés en noria entre Bourg et Grenoble ainsi que quelques rares voitures nous obligent quand même au minimum de prudence.
Après 32 km de légère montée, nous arrivons la plaine de Bourg vers 9h15. On a l'impression d'une kermesse géante. Les champs sont transformés qui en parking pour voitures, qui en campings improvisés (payants ...) pour camping-cars. Les groupes de gendarmes se font plus fréquents, les voitures sont refoulées : voici l'entrée de Bourg-d'Oisans. Même les vélos ne passent plus ; la nationale est fermée dans le village, les ultimes préparatifs du départ sont en cours. Plutôt que redevenir piéton pour passer sur des trottoirs saturés où est canalisé tous le flux, nous choisissons de contourner par de petites rues pour revenir par l'entrée sud du bourg. De toute manière, on se retrouve peu après tous sur le dernier km de plat avant d'entrer dans la première rampe, très impressionnante par la rupture de pente qu'elle laisse apparaitre par rapport à la plaine.
La foule est déjà tellement compacte qu'on a du mal à progresser à vélo. On avance au rythme des piétons répandus sur la largeur de la chaussée. Vélos et marcheurs montent lentement vers les premiers lacets. Quelques voitures salvatrices parviennent à ouvrir la voie ; nous nous glissons dans le sillage pour progresser un peu plus vite. Tout le long de notre progression, nous constatons que les spectateurs sont déjà là en grand nombre. Nous sommes pourtant à plus de 4h du départ de la course. En définitive peu de Français, beaucoup de Belges, Allemands, Hollandais, et Américains : des tours operators leur organisent des voyages spéciaux Tour de France - Lance Armstrong.
Nous nous postons entre le 4e et 5e lacet, il y a de la place sur le parapet.
Il est 9h45, et la journée va être longue ... (classement
général matin, classement du contre la
montre (résultats de l'étape), classement général
soir, classement général Paris, les
21 équipes engagées)
La caravane va passer dès midi ; le départ du premier coureur est donné à 14h00. Initialement à peu près disciplinée, la foule va peu à peu envahir la chaussée pour ne s'écarter qu'au dernier moment, au passage du coureur. Nos voisins frontaliers ne sont pas les plus sages. Les gendarmes présents tous les 50m ont certainement reçu des consignes de clémence, mais on s'étonne tout de même de ce laxisme. Etonnant qu'il n'y ait pas plus d'accident.
157 coureurs vont s'élancer par ordre inverse de leur position au classement général. Donc Armstrong en dernier. Tout de façon, la course ne présente plus vraiment d'intérêt à ce niveau là, sauf accident exceptionnel.
Je signale que j'étais bien en retrait de la foule massée sur la trajectoire des coureurs. Ce qui fait que je ne déclenchais que lorsque la ligne de spectateurs qui me fermaient le champ en aval s'écartait brusquement pour éviter l'accident avec le coureur qui arrivait. Je prends les paris que si un CLM est ré-organisé à l'Alpe d'Huez, il y aura cette fois un barrièrage dès le pied de l'ascension, et non pas seulement sur les 7 derniers km comme c'était le cas ce jour.