Un moment comme celui là commence très tôt par un matin d'été : le lever du soleil n'est alors que l'apothéose des instants passés au contact d'une nature pas encore totalement éveillée.
Par chance, nous séjournons à Autrans, cela repousse d'autant l'heure du réveil ; en voiture vers 5h30 en direction du tunnel du Mortier ; la nuit est encore noire, impénétrable. Ensuite vient la route forestière conduisant au refuge des Feneys. Il semble alors incongru de se trouver à pareil moment en pleine forêt ; le calme qui y règne est absolu, inquiétant même. Une biche qui attend le dernier moment avant de plonger derrière un buis, deux lapins peu farouches au bord de la chaussée, quelques grenouilles qui traversent la piste au péril de leur vie ... Le monde de la forêt attend encore un peu avant de se rendre invisible, lorsque les randonneurs auront investi les alentours.
A la Molière, le spectacle est total. Le regard embrasse les sommets en ombres chinoises sur le fond bleuté de la nuit finissante : Chartreuse, Belledone, Oisans, Ecrins. L'obscurité s'évanouit minute après minute. Le regard est captivé. Le spectacle s'accompagne du tintement pur des clarines, qui révèle le troupeau de vaches encore au repos dans l'alpage. Une harde de sangliers traverse la prairie en se glissant sans bruit au milieu des ruminants.
Puis la montée du jour s'accélère. Belledone rougit, et le soleil apparait soudain. D'abord évanescent, insistant, puis aveuglant sur l'horizon.
La nuit est terminée, une nouvelle journée commence. J'ai l'impression de m'être glissé quelques instants hors du temps, à la frontière fugitive de la nuit et du jour.
Les vaches se lèvent et, routinières, se dirigent tranquillement vers le refuge de la Molière.


Laissez passer la journée, et revenez lorsque le soleil commence à baisser. La lumière d'une fin de journée d'été confère à la Molière une ambiance unique ; vous êtes sur le belvédère, face à ce grandiose panorama sur les Alpes, et les derniers rayons révèlent tous les détails d'un paysage en cinémascope
Fin de journée d'été avec vue panoramique sur les Alpes depuis la Molière
Vous pouvez promener votre regard du bout de l'alpage de la Molière sur votre gauche, vers le sentier des Génisses, jusqu'au Moucherotte qui surplombe les rochers des Trois Pucelles, dominant eux-même Saint-Nizier du Moucherotte. Entre les deux extrêmes le menu est copieux : massif de Chartreuse, le Mont-Blanc (la masse blanche à gauche de Chamechaude, pour ceux qui reconnaitront), Belledonne, la Grave, Oisans et Ecrins. A gauche de la photo se trouve la table d'orientation. Enfin, sur la droite le chemin file vers le refuge d'alpage de la Molière.
Angle de vue : 200°.
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