Si vous êtes tenté par une randonnée pastorale, rendez-vous au Col de Marcieu, après St-Michel, au nord du Plateau des Petites Roches. Vous vous laisserez alors porter par le sentier qui, après une heure de cheminement en forêt, vous mènera à pied d'oeuvre dans une petite prairie (photo ci-contre), à la croisée des chemins. Les douaniers étaient autrefois ici à l'oeuvre, pour contrôler les traffics qui florissaient à l'époque. L'impressionnant hémicycle qui s'ouvre au dessus de votre tête trace la voie vers le sommet.
L'ascension commence alors, direction le Passage de l'Aulp du Seuil. Le sentier dessine sans fin des épingles dans les pierriers, la pente se fait plus forte, le souffle plus court. Puis, arrivé à la verticale de la falaise, le chemin se glisse à droite contre la paroi, contournant l'avancée rocheuse, avant de parvenir, en un dernier ressaut, au passage tant espéré.
Après ce petit effort, place au repos ... Repos des jambes, de l'esprit, et des yeux : le paysage côté vallée est somptueux : le haut-Grésivaudan bordé par Belledonne, le massif des Bauges plus au Nord, et, avec un peu de chances, le Mont-Blanc, apparemment tout proche. Côté alpage : un profond vallon s'étire, coincé entre les crêtes des Lances de Malissard à l'ouest, la forêt du Seuil au nord, le dôme de Bellefond au Sud et la crête sur laquelle nous nous trouvons : Alpette et Aulp du Seuil.
En quelques minutes le fond du vallon est atteint. Une source coule en permanence au habert de l'Aulp.
Lors de cette ascension, j'ai eu la chance de pouvoir redescendre le couloir flanqué de deux chamois peu farouches dont l'un a bien voulu se prêter, à bonne distance toutefois, à une séance photo.


Crête de l'Alpette et de l'Aulp [pays, neig]
Arrivé au fond du vallon, vous pourrez observer les crêtes où vous vous situiez quelques instants plut tôt.
Ce habert est réservé aux bergers qui montent pour l'estive à la belle saison. Une source au bassin imposant vous y désaltèrera en cas de besoin.
Sommet du Pinet et Mont Granier [cham, neig]
En regardant au nord depuis le habert : l'alpage situé en frange du Mont Granier semble à portée de main. Il vous en coûtera une bonne heure de marche soutenue pour y parvenir.
La surprise comme on aime tant en avoir : un chamois à peine apeuré, qui, ayant vérifié que je n'avais aucune velléité offensive, continuera son chemin à portée d'objectif pendant une bonne demi-heure.
Il s'agit toujours du même chamois, qui après avoir brouté quelques jeunes branches de pin, s'aprête à reprendre le large du haut d'un rocher.